mercredi 16 mars 2016

Joseph Déjacque l'enragé

Joseph Déjacque né le 27 décembre 1821 à Paris, est mort le 18 novembre 1865 à Paris fou de misère. Militant anarchiste et écrivain il a créé le néologisme « libertaire », par opposition à libéral. Il laisse une oeuvre abondante et fascinante par sa violence sans concessions contre tous les pouvoirs, les exploiteurs, et la religion.

Ouvrier poseur de papier peint il survit dans des conditions terribles et participe a de nombreux journaux en France. Arrêté a tort pour participation à la révolution de 1848 puis proscrit à la suite du coup d’État du 2 décembre 1851 , il écrit tout au long de son long exil en Europe, puis aux États-Unis et fonde, seul, sans moyens, “Le Libertaire” à New York , lire en ligne http://joseph.dejacque.free.fr/

Trouve t’on encore en France des hommes habités par une telle force et qui meurent de leur passion pour la justice sociale?.. Wiki https://fr.wikipedia.org/wiki/Josep... )

Extraits de l’Humanisphère

“ Comme le mousse de la Salamandre, ne pouvant dans ma faiblesse individuelle terrasser tout ce qui sur le navire de l'ordre légal me domine et me maltraite, quand ma journée est faite dans l'atelier, quand mon quart est fini sur le pont, je descends nuitamment à fond de cale, je prends possession de mon coin solitaire, et, là, des dents et des ongles, comme un rat dans l’ombre, je gratte et je ronge les parois vermoulues de la vieille société.

Le jour j’utilise encore mes heures de chômage, je m’arme d'une plume comme d'une vrille, je la trempe dans le fiel en guise de graisse, et, petit à petit, j'ouvre une voie chaque jour plus grande au flot novateur, je perfore sans relâche la carène de la Civilisation. L'Humanisphère,1859.

- Tâchons une bonne fois, de nous défaire de ses réminiscences théistes et bourgeoises, d'oublier a jamais ce catéchisme politique et libéral que force nous a été de balbutier dans notre jeunesse, mais que nous devons désapprendre et désavouer à l'âge de raison. Opposons au libéralisme le Libertarisme. Le Libertaire N°7, 1858.

Le Libertaire n’a de patrie que la patrie universelle. Il est l’ennemi des bornes : bornes-frontières des nations, propriété d’État ; bornes-frontières des champs, des maisons, des ateliers, propriété particulière ; bornes-frontières de la famille, propriété maritale et paternelle. Pour lui, l’Humanité est un seul et même corps dont tous les membres ont un même et égal droit à leur libre et entier développement, qu’il soient les fils d’un continent ou d’un autre, qu’ils appartiennent à l’un ou l’autre sexe, à telle ou telle autre race. De religion, il n’en a aucune ; il est protestant contre toutes. Il professe la négation de Dieu et de l’âme ; il est athée et matérialiste, attendu qu’il est affirme l’unité universelle et le progrès infini ; et que l’unité ne peut exister, ni individuellement, ni universellement, avec la matière esclave de l’esprit et l’esprit oppresseur de la matière, comme le progrès non plus ne peut être infiniment perfectible s’il est limité par cette autre borne ou barrière où les humanicides ont tracé avec du sang et de la boue le nom de Dieu. Le Libertaire, no 1, 9 juin 1858.